Pourquoi plus on attend de se sentir prêt, moins on se sent capable d’agir
Beaucoup de personnes repoussent une décision importante non par manque d’envie, mais parce qu’elles veulent se sentir prêtes. Elles se disent qu’en attendant un meilleur moment, elles auront plus de clarté, plus d’énergie, et moins de risques. Dans cette logique, attendre est censé faciliter l’action. Or, dans la réalité, on observe souvent l’inverse.
Publié le 20 janvier 2026
En effet, plus l’attente dure, plus l’action paraît difficile. L’élan diminue, la confiance s’affaiblit, et la décision devient plus lourde. C’est là qu’apparaît un vrai problème : ce qui devait préparer finit par empêcher. Pour comprendre ce mécanisme, il faut déplacer la question. Il ne s’agit pas seulement de temps ou de volonté, mais aussi de ce qui se passe dans le corps.
1. Pourquoi l’explication rationnelle ne suffit pas à passer à l’action
On explique souvent ce type d’attente par un manque d’informations ou par un besoin de mieux réfléchir. Il est vrai que certaines décisions demandent de la prudence, et qu’il est parfois utile d’évaluer les options avant d’agir. Dans ce cadre, attendre peut avoir un sens.
Cependant, cette explication ne suffit pas toujours. Certaines personnes ont déjà beaucoup réfléchi. Elles ont comparé les scénarios, identifié les risques, et parfois même pris leur décision sur le plan intellectuel. Malgré cela, elles restent bloquées. Ce décalage suggère donc que l’attente n’est pas seulement liée à la réflexion, mais à autre chose.
2. L’attente est une tentative de régulation interne
En fait, si l’attente persiste malgré la clarté mentale, c’est peut-être parce qu’elle sert surtout à maintenir un état interne supportable. Autrement dit, attendre ne sert pas à préparer l’action, mais à se protéger d’une difficulté ressentie.
Dans ce cas, la décision n’est pas seulement une question de choix. Elle devient une situation que le corps anticipe comme coûteuse : incertitude, confrontation, risque de se tromper, risque de perdre un équilibre fragile. Même si la personne ne formule pas tout cela clairement, le corps peut rester organisé autour de l’évitement. L’attente prend alors une fonction précise : rester dans une zone connue, où l’on se sent plus stable.
3. Pourquoi cette stratégie se retourne contre elle-même
Le problème est que cette stratégie a souvent un effet cumulatif. Plus on évite une situation, plus elle devient impressionnante. Plus on reporte, plus on entretient l’idée qu’il existe un danger. L’attente, au lieu de rassurer, renforce progressivement l’anticipation du risque.
C’est ainsi que l’on passe d’une intention raisonnable, du type « j’attends pour être prêt.e », à une impression beaucoup plus lourde : « je ne me sens plus capable ». Ce changement se fait souvent sans événement particulier. Il se construit dans la répétition, parce que le corps associe de plus en plus l’action à une menace, même si cette menace n’est pas objective.
4. Ce que la somatothérapie change dans ce schéma
À partir de là, la question n’est plus seulement : faut-il attendre ou agir ? Elle devient plutôt : qu’est-ce qui, dans le corps, rend l’attente nécessaire ? Tant que ce point n’est pas pris en compte, les conseils classiques risquent d’être insuffisants, parce qu’ils s’adressent surtout à la volonté ou à la pensée.
La somatothérapie propose un autre point de départ. Elle ne cherche pas à analyser longuement les raisons de cette impasse. Elle part de la manière dont le corps est bloqué ici et maintenant, et elle vise à permettre l’intégration de ce qui maintient la protection et freine le passage à l’action : tensions, émotions non digérées, réactions automatiques. Lorsque ce travail se fait, l’attente perd peu à peu sa fonction, parce que le corps n’a plus autant besoin de se défendre.
Conclusion – Quand l’attente n’a plus lieu d’être
Dans cette perspective, le changement ne survient pas parce que l’on a enfin trouvé le bon moment. Il survient lorsque le corps n’a plus besoin d’attendre pour se sentir suffisamment en sécurité. À ce moment-là, l’action devient plus simple, non parce qu’elle est parfaite, mais parce qu’elle n’est plus vécue comme une menace.
Autrement dit, le vrai basculement n’est pas seulement une décision mentale. C’est un changement plus global du rapport au monde, où l’élan redevient possible sans être arraché.
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