Comprendre un choc de vie ne suffit pas toujours : quand l’élan ne revient pas
Après un choc de vie, beaucoup de personnes réfléchissent, mettent des mots, reconstruisent le fil des événements. Elles savent expliquer ce qui s’est passé, ce que cela a changé, et parfois même ce qu’elles en ont appris. Et pourtant, quelque chose ne repart pas.
Publié le 16 décembre 2025
C’est déstabilisant, car il n’y a pas forcément de crise. Pas forcément de symptômes physiques marqués non plus. Juste une sensation nette et tenace : il y a un avant et un après. L’élan de vivre ne revient pas. La vie continue, mais elle ne reprend pas vraiment.
Ce décalage est fréquent. Il ne dit rien de votre intelligence ni de votre volonté. Il indique plutôt que comprendre et digérer ne sont pas le même mouvement.
Comprendre vs digérer
Comprendre, c’est un travail mental. Vous donnez du sens. Vous mettez de l’ordre. Vous élaborez un récit cohérent. C’est utile. Parfois indispensable.
Digérer, c’est autre chose. C’est quand l’événement cesse d’occuper une place centrale, ce qui ne veut pas dire qu’il ne provoque plus aucune émotion. C’est quand vous vous remettez à investir le présent, mais sans le vivre comme un effort, plutôt comme si quelque chose en vous redevenait disponible à la vie.
On peut donc être très lucide sur ce qui s’est passé et rester intérieurement arrêté·e.
Ce n’est pas une contradiction. C’est deux sphères différentes.
Le vrai “symptôme” ici : la perte d’élan
Chez beaucoup de personnes, la souffrance principale n’est pas un signe corporel évident. C’est l’impression d’avoir perdu la joie simple d’être là, la capacité à se projeter, l’envie de s’engager pleinement dans une nouvelle vie.
Cela peut ressembler à :
- une vie qui tourne, mais sans relief
- un quotidien “fonctionnel”, mais sans enthousiasme
- un futur qui paraît plat, sans désir
- une sensation de suspension, comme si une part de vous attendait encore quelque chose
- une difficulté à croire que quelque chose de bon peut recommencer
Pourquoi “passer par le corps” peut aider à libérer l’esprit
Quand on entend “passer par le corps”, on imagine spontanément des douleurs, des tensions, une respiration bloquée, des manifestations physiques nettes. Et si vous n’avez rien de tout ça, passer par le corps ne parait pas pertinent.
Pourtant, « passer par le corps », c’est une manière de recréer des conditions internes favorables au retour du mouvement intérieur.
L’idée n’est pas de purger de force des émotions, ni de revivre l’histoire, ni de “positiver”. L’idée est de travailler à un niveau plus basique, plus profond, plus simple : le niveau où votre système retrouve de la sécurité, du rythme, de la présence.
Ce niveau-là peut être figé même quand tout est “compris”.
5 repères concrets pour relancer le mouvement sans vous forcer
1) Arrêter de confondre élan de vie et volonté
Quand l’élan a disparu, vous pouvez essayer de le recréer par la volonté. Cela marche rarement. Vous obtenez parfois une agitation, rarement un retour de vie.
Un repère utile consiste à viser une action juste, minimale, répétable. Pas héroïque. Une marche courte. Une sortie simple. Un micro-choix qui vous remet dans le réel. La répétition compte plus que l’intensité.
2) Redonner du rythme au lieu de chercher une solution totale
Après un choc, beaucoup cherchent “la” méthode, “le” déclic, “la” compréhension finale.
Un autre chemin consiste à reconstruire un rythme. Un rythme de sommeil, de travail, de repos, de lien social, de solitude. Le vivant repart rarement par illumination. Il repart par régularité.
3) Revenir au présent sans raconter l’histoire
Raconter peut aider. Mais raconter n’est pas toujours ce qui remet en mouvement.
Un repère simple consiste à se demander, une fois par jour, ce qui est vrai maintenant, sans commentaire. Un geste fait. Un échange. Un endroit. Une sensation neutre. Le présent retrouve de la densité quand on cesse de le vivre comme un simple décor.
4) Distinguer sens et vitalité
Vous pouvez avoir mis des mots et rester éteint·e. Vous pouvez ne pas avoir avoir mis de mots sur ce que vous traversez et pourtant sentir revenir la vitalité.
Ne faites pas dépendre la reprise de vie d’une analyse parfaite. Chez beaucoup, la vitalité revient d’abord, et le sens se réorganise ensuite.
5) Choisir un cadre d’accompagnement qui ne vous demande pas de “réussir”
Dans cette zone-là, l’enjeu n’est pas de performer votre guérison. L’enjeu est de retrouver une capacité à être là, à bouger intérieurement, à sentir que la vie recommence à vous concerner.
Un accompagnement utile est souvent celui qui respecte la lenteur, qui évite les injonctions, et qui travaille sans exiger un récit parfait.
La place de la somatothérapie dans ce type de blocage
La somatothérapie peut être une porte d’entrée pertinente quand vous avez déjà beaucoup compris, mais que l’élan ne revient pas.
L’objectif n’est pas de vous convaincre, ni de vous expliquer ce que vous devriez ressentir. L’objectif est d’offrir à votre corps un cadre de régulation, stable et progressif, où la part de vous éteinte retrouve de la sécurité et du mouvement, sans pression de résultat.
Si vous ressentez que vous n’arrivez pas à avancer depuis cette épreuve de vie, passer par le corps peut vous aider.
Pour en savoir plus ou prendre rendez-vous, n’hésitez pas à me contacter.
Fabrice Nowak, somatothérapeute à Montpellier