« Le chagrin des autres ». Que faire quand un proche traverse une épreuve grave ?
On ne sait pas quoi dire. On a peur de mal faire. Parfois on disparaît, faute de trouver les mots. Et après, on s'en veut...
Publié le 9 avril 2026
Dans Le chagrin des autres, écrit par Valérie Collin-Simard et publié en 1994, une journaliste mène une enquête sur une question concrète : comment aider quelqu’un qui traverse une épreuve grave, deuil, maladie, choc de vie, quand on n’est pas un professionnel.
Le livre repose sur une vingtaine de rencontres. L’autrice interroge des parents endeuillés, des personnes malades, des proches, mais aussi quelques professionnels. La plupart ont vécu des événements très lourds.
Chaque chapitre est construit autour d’un entretien, et l’autrice raconte comment la rencontre s’est déroulée. On entre dans des histoires réelles. On ressent une proximité avec les personnes. C’est ce qui fait l’intérêt principal du livre.
3 idées fortes du livre
1. Il n’existe pas de bonne manière d’aider
Les témoignages se contredisent.
Un même geste peut soulager une personne et en blesser une autre. Certains sont soulagés quand quelqu’un pleure avec eux. D’autres trouvent cela difficile à supporter. Certains préfèrent les mots. D’autres préfèrent le silence.
On ne peut donc pas anticiper. Aider, c’est accepter de ne pas savoir comment cela sera reçu.
2. La différence entre professionnel et proche est moins nette qu’on le pense
On pourrait croire que les professionnels savent mieux faire. Le livre montre qu’ils ont des approches très différentes entre eux, et que leur présence ne garantit pas que ce sera mieux reçu.
Il y a sans doute moins de maladresses en moyenne. Mais il n’existe pas de méthode qui fonctionne dans tous les cas. La manière dont une aide est reçue dépend surtout de la personne en face.
3. Être présent compte plus que bien faire
Puisqu’on ne peut pas prévoir, toute aide comporte un risque. Mais disparaître crée souvent une distance encore plus douloureuse.
Il vaut donc mieux se manifester, même imparfaitement. Et proposer une aide précise aide davantage que les formules ouvertes. « Si tu as besoin de quoi que ce soit » demande trop d’effort à la personne. On peut dire à la place : « Je suis disponible samedi matin » ou « Je peux t’aider pour telle démarche cette semaine. »
Les 3 conseils de l’autrice
À la fin du livre, l’autrice propose une courte synthèse. Elle formule trois repères, présentés par ordre d’importance :
- Accepter le silence : être présent sans forcément parler, sans chercher à remplir
- Être clair avec ses propres limites : reconnaître ce que l’on peut faire, et ce que l’on ne peut pas
- Être clair sur ses motivations : savoir pourquoi on aide, et ne pas se cacher derrière des intentions floues
En conclusion, ce livre ne donne pas de mode d’emploi. Il montre que chaque situation est unique, et que s’être trompé une fois ne disqualifie personne.
Une chose que je remarque, indépendamment du livre : la présence physique, tenir la main en silence, peut être plus soutenante que les mots. Le corps sait tenir compagnie quand les mots manquent.
Il peut être utile si quelqu’un de votre entourage traverse une épreuve. L’incertitude ne disparaît pas à la lecture. Mais elle devient moins paralysante.
FAQ
Est-ce que ce livre donne des solutions claires ?
Non. Il montre surtout la diversité des réactions et les limites des conseils universels.
Faut-il parler ou se taire ?
Les deux existent. Cela dépend de la personne.
Est-ce que les professionnels font mieux que les proches ?
Ils apportent un cadre et une expérience. Mais ils ne peuvent pas garantir une réaction précise. La relation reste toujours singulière.
Faut-il proposer son aide ou attendre ?
Proposer une aide concrète est souvent plus simple que laisser l’autre demander.
À qui s’adresse ce livre ?
À toute personne concernée par la souffrance d’un proche.