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Le sourire intérieur, d’Alain Héril

Couverture du livre Le sourire intérieur

Alain Héril, psychanalyste et sexothérapeute, aborde dans Le sourire intérieur la question de la joie. C’est un livre avant tout philosophique qui tente de réhabiliter le concept de joie pour en faire un horizon de la thérapie et du travail sur soi.

La joie parmi les autres émotions

L’auteur considère qu’il y a 6 émotions primaires : peur, tristesse, colère, dégoût, surprise et joie.

  1. La peur est une réaction de défense qui nous alerte d’un danger. Notre survie est en jeu.
  2. La tristesse indique qu’on se sent dépossédé de quelque chose : on sent un manque. C’est toujours une sorte de deuil.
  3. La colère est une frustration qui nous amène à comprendre nos limites et à affirmer ce que nous voulons vraiment.
  4. Le dégoût est lié à la honte, des autres ou de soi-même.
  5. La surprise, bonne ou mauvaise, parle de notre vulnérabilité et de notre capacité à nous ouvrir à l’inconnu.
  6. La joie indique que nous nous sentons pleinement nous-mêmes avec et parmi les autres.

Où se vit la joie ?

L’auteur a demandé à des gens où ils sentaient la joie dans leur corps et a fait la synthèse de leurs réponses. Ainsi, la joie peut se vivre :

  • dans les bras : elle exprime une envie enthousiaste de participation.
  • dans les mains abolit l’espace entre deux êtres : c’est une « mutualité sensible ».
  • dans le cœur indique que l’amour est possible.
  • dans le ventre est une forge archaïque faite de violence et d’éclat.
  • dans les yeux est une rencontre dans la contemplation.
  • dans le sexe et le bassin, primitive et sauvage qui est capable d’irriguer tout le corps.

Cette topographie de la joie invite à accepter son corps comme le « temple de la joie ».

La thérapie et la joie

L’auteur plaide pour nous concentrer sur la joie plutôt que le bonheur. Alors que le bonheur est un concept – il se cherche –, la joie est une émotion – elle se trouve. Elle est un remède au sentiment d’abandon et de solitude.

La joie devrait être l’horizon de la thérapie. Elle peut devenir notre état habituel, ce qui étonne parfois nos contemporains, tant la tristesse ou l’anxiété les habitent. Aussi, l’auteur différencie la joie circonstancielle, liée à un événement ponctuel de la joie profonde et permanente qui rend les personnes lumineuses : c’est le sourire intérieur.

Mais cette joie ne se conquiert pas par le mental : pour être permanente, elle doit être « incarnée » : elle est alors une « assertion du corps dans sa toute-puissance ». Puisque la joie est chevillée au corps, le corps en est une voie d’accès privilégiée – les thérapies psychocorporelles ont toute leur place.

Si l’aventure de la joie vous appelle, un petit tour par ici !

Le sourire intérieur, Alain Héril, éditions Eyrolles, 2013.

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