Littérature, Pédagogie
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Interpréter un texte grâce aux silences

paysage évoquant le silence

Ce texte est issu d’un colloque pluridisciplinaire consacré au silence et qui a eu lieu à Toronto en 2014. J’ai relié ce thème à la littérature à travers la lecture à haute voix et ses nécessaires silences.

En se concentrant sur les silences plutôt que les mots du texte – tel ce silence entre deux notes duquel surgirait la véritable musique… – on peut changer de regard sur lui un peu comme ces dessins où creux et pleins peuvent s’intervertir. on peut avoir alternativement deux visages de profil ou une coupeIl y a un espace de liberté qu’on explore très peu dans le choix des silences qui rythment le texte. On a en effet tous tendance à lire à haute voix tous les textes un peu de la même manière – manière propre à chacun, mais qu’on calque de texte en texte. En s’obligeant à explorer d’autres manières de poser les silences plutôt que de se concentrer sur « mettre le ton », on regroupe les mots du texte différemment : le travail sur le vide modifie le plein. On s’aperçoit alors que des nuances peuvent surgir, qu’on ne soupçonnait pas.

J’ai proposé cette communication en l’orientant sur la pratique de l’enseignement du français. J’inverse alors la perspective habituelle : d’ordinaire, on saisit intellectuellement le sens qu’on tente de rendre dans notre manière de lire. Là, je propose d’explorer librement et consciemment différentes manières de dire le texte pour se demander à chaque fois quel effet cela produit et ce que ça change au sens du texte.

Le but est de faire de la lecture à haute voix un outil pratique d’interprétation et non plus un concours de bonne diction, afin de décomplexer les élèves et les faire rentrer dans la démarche de l’interprétation. Il y a une dimension ludique à travailler de cette manière. Mais ce jeu n’est pas artificiellement plaqué sur une activité dite « scolaire », mais entre en résonance avec la dimension ludique de la littérature elle-même qui est sur les mots, le sens, les sensations de la parole en bouche.

J’y donne trois exemples, que je reprends souvent dans mes réflexions : « Demain dès l’aube… » de Victor Hugo, un poème de Ronsard et « Le Corbeau et de Renard » de La Fontaine.

Si vous repérez des coquilles, n’hésitez pas à me les signaler !

Interpréter un texte grâce aux silences, Fabrice Nowak

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