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Mariage gay à TPMP et canular homophobe

Du canular homophobe de TPMP

Pourquoi réfléchir à la séquence controversée du canular homophobe de TPMP plus d’un mois après ? Parce que 1) je procrastine ; 2) ça me permet d’arguer qu’il faut prendre du recul sur l’actualité et de qualifier pompeusement cette considération d’intempestive ; 3) ça permet de voir ce qui n’a pas été forcément dit, ou pas assez clairement ou sur un autre ton. Car je me trouve dans une position qui n’a pas été très représentée ces derniers mois : je trouve que canular était homophobe et en même temps j’aime bien TPMP et Cyril Hanouna. Aussi, je pense pouvoir donner un avis sans excès ni mépris, contrairement à la quasi-totalité des articles qui sont parus. C’est l’émission du lendemain, ci-dessous, dans qui m’a surtout intéressée, celle où les chroniquer sont revenus sur la séquence et la polémique. Étrangement, à part Cyril Hanouna, tout le monde trouvait que c’était trop injuste et que le canular était au pire « déplacé ». La séquence commence à 1 h 18 min 50 s. Personne ne semble réellement comprendre le fond du problème de ce canular. Plusieurs arguments sont avancés …

Donner du sens à son travail : 2 pistes pratiques

Entre le burn-out et le bore-out, l’absentéisme et le présentéisme, le milieu du travail semble être un terreau de souffrance potentielle sans fin. Une logique de productivité sans borne presse les employés à en faire toujours plus, toujours plus vite en exigeant aussi un toujours mieux. Au risque de l’usure. Alors évidemment, il est dans la nature même de tout travail, de toute activité, de la vie même, d’user : le travail prend du temps, nécessite de notre énergie. Le corps se fatigue, mais l’esprit aussi. Au-delà des revendications sur la pénibilité physique du travail, on pourrait ajouter la pénibilité psychologique, celle qui ne va pas tant jouer sur l’espérance de vie que la qualité de vie. Il y a des métiers qui sont pour ainsi dire objectivement épuisants pour les nerfs : enseignants en fonction des âges des élèves et des milieux, forces de l’ordre, professions de santé… Mais il est un facteur de pénibilité psychologique fondamental : l’absence de sens. Pour Victor Frankl (1905-1997), psychiatre iconoclaste, la névrose majeure de notre temps n’est pas liée à …

ampoule éclairée dans le noir

Le revenu universel ou comment valoriser enfin le vrai travail

Le revenu universel entre philosophie et technique Dressant le portrait de Julia Cagé, l’économiste qui travaille pour Benoît Hamon sur le revenu universel, Le Point note « la jeune femme ne s’attarde pas sur la dimension philosophique de la mesure. Elle préfère s’attaquer au concret ». Cette séparation entre la philosophie et le concret, la théorie et la pratique, en dit long sur pourquoi le revenu universel n’imprime pas tellement les esprits, au regard de la révolution qu’il représente. En effet, ne pas s’atteler à diffuser sa théorie, à savoir le changement de paradigme dans lequel il s’inscrit face au travail et à la vision qu’on a de l’être humain, c’est prendre le risque de le juger à l’aune de concepts périmés tel que l’assistanat. D’où son relatif échec dans l’opinion — relatif, car il est quand même de bon augure que le candidat PS le porte pour l’élection présidentielle. En effet, la question du revenu universel est arrivée sur le devant de la scène politique et médiatique de manière très inattendue. Bien sûr, il y avait …

rangée d'orateurs à un colloque

Participer à un colloque : quelques conseils

Trop de personnes participent à un colloque sans réfléchir à la nature de cet exercice très particulier. Aussi, ils lisent, plus ou moins laborieusement, l’article qu’ils destinent à la publication. Résultat :personne n’en retire grand-chose tant les propos sont denses et durs à suivre à l’oral. Le colloque est un exercice oral dont la réussite dépend de votre capacité à créer du lien, pendant votre prestation, pendant celle des autres et entre les communications — là où s’échangent les vraies informations, autour du café. Que veut chacun dans un colloque ? Se sentir intéressant — se rassurer en se disant que l’objet de ses recherches n’est pas qu’une lubie personnelle. Aussi, à vous de vous intéresser aux communications des autres et de rendre la vôtre intéressante. Les conseils qui suivent sont le fait d’observations personnelles. Elles ne feront pas de vous un orateur hors pair, mais un meilleur orateur, ce qui est déjà pas mal. Voici donc quelques pistes. Une attitude conviviale – Parlez aux gens dès le début et présentez-vous en premier. Tout le …

colloque

Organiser un colloque inoubliable

Il existe sur Internet des fiches très complètes pour l’organisation matérielle d’un colloque, comme celle-ci. Mais peu réfléchissent à l’esprit d’un colloque (ou d’une journée d’étude, ou d’un congrès… bref de tout rassemblement avec des communications orales). Quel est l’intérêt d’un colloque ? Si vous pensez que l’intérêt réside dans la qualité de fond des communications, vous faites erreur. Ce que veulent les gens est beaucoup plus simple : passer un bon moment. Qu’est-ce que cela signifie ? Les participants veulent avant tout créer des liens humains intéressants qu’ils garderont après le colloque, assister à des prestations orales stimulantes dans leur forme même s’ils ne maîtrisent pas le sujet (3 fois sur 4 vous ne comprendrez pas grand-chose au sujet, surtout si le colloque est interdisciplinaire), sentir qu’ils ont intéressé les autres… C’est ce qui le rendra inoubliable. Un colloque vaut pour ce qui se passe et se dit entre les communications : aux pauses, aux repas, aux sorties du soir… C’est à ce moment que les informations les plus intéressantes surviennent, au détour de conversations plus informelles. Sinon, …

vieux couple cheminant

Le couple : thérapie Mézières de l’âme

La méthode qui traque les tensions Connaissez-vous la méthode Mézières ? Françoise Mézières est une kinésithérapeute qui a révolutionné la kinésithérapie dans les années 1970. Elle a porté un regard global sur le corps et a pensé en termes de chaînes musculaires plutôt que de muscles isolés. Elle a su voir dans le corps des réactions musculaires en chaîne, justement. Ainsi, elle a remarqué qu’étirer isolément un muscle tendu revient la plupart quasiment dans tous les cas en raccourcir un autre. Par exemple, comme votre dos vous semble tendu, vous l’étirez en vous pendant en avant, mais ne remarquez pas que, ce faisant, vous raccourcissez les muscles des jambes. Résultat : si votre dos est étiré, la chaîne postérieure est globalement restée aussi tendue, puisque vous n’avez fait que déplacer momentanément la tension. Dès que votre étirement sera fini, la tension viendra se reloger dans le dos. Dit autrement, vos muscles ont compensé en changeant la tension de place. Le génie de Françoise Mézières a été de repérer ce mécanisme et d’y avoir trouvé une parade : mettre le …