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lire à haute voix

La lecture à haute voix

J’ai consacré mon mémoire de Master 2 à la question de la lecture à haute voix. Le but était d’aboutir à une théorie de la pratique, en justifiant certains choix dans la manière de lire à haute voix, et en justifiant plus politiquement l’intérêt de la remettre au goût du jour dans les classes. On trouve dans ce mémoire beaucoup d’idées, et de citations, que j’ai remises dans ma thèse sur la mémorisation des textes, notamment ce qui concerne le rapport au temps pris/perdu. Je m’oppose dans ce travail à l’injonction de « mettre le ton » et propose à la place un travail sur le rythme issu de la technesthésie — art de la parole français peu connu. Et j’y inverse la perspective de la lecture à haute voix comme aboutissement d’un travail d’interprétation pour montrer comment en faire un outil d’interprétation concret et pratique pour les élèves, plutôt qu’un travail méthodologique mais trop abstrait fondé sur des grilles de lecture. Lire à haute voix

peinture d'un coeur

Savoir par coeur : la thèse

J’ai soutenu le 17 janvier 2015 ma thèse de littératures françaises et comparée (« s » à « littératures » et « françaises », car on considère que chaque siècle est une littérature à part entière, et même sans ça littérature prendrait un « s », car il y en a deux types ; et sans « s » à « comparée », car on considère que c’est de la littérature comparée, car on désigne plus par là une manière d’appréhender les textes qu’un corpus de textes). Le titre en est « Savoir par cœur — Enjeux de la mémorisation des textes pour les études littéraires ». Bon, s’agit-il d’une thèse à proprement parler  ? Pas vraiment. Il s’agit plus d’un essai. Le but était pour moi de réfléchir, plus que de fournir un travail très académique. J’ai démarré cette thèse en 2009 après avoir commencé à travailler en jardin d’enfants : j’ai alors eu besoin d’une stimulation intellectuelle plus importante. J’ai donc pu m’exonérer de certaines contraintes académiques qui incombent à qui projette une carrière universitaire. C’était vraiment une thèse pour le plaisir. J’avais travaillé sur la lecture …

paysage évoquant le silence

Interpréter un texte grâce aux silences

Ce texte est issu d’un colloque pluridisciplinaire consacré au silence et qui a eu lieu à Toronto en 2014. J’ai relié ce thème à la littérature à travers la lecture à haute voix et ses nécessaires silences. En se concentrant sur les silences plutôt que les mots du texte – tel ce silence entre deux notes duquel surgirait la véritable musique… – on peut changer de regard sur lui un peu comme ces dessins où creux et pleins peuvent s’intervertir. Il y a un espace de liberté qu’on explore très peu dans le choix des silences qui rythment le texte. On a en effet tous tendance à lire à haute voix tous les textes un peu de la même manière – manière propre à chacun, mais qu’on calque de texte en texte. En s’obligeant à explorer d’autres manières de poser les silences plutôt que de se concentrer sur « mettre le ton », on regroupe les mots du texte différemment : le travail sur le vide modifie le plein. On s’aperçoit alors que des nuances peuvent surgir, …